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Publié par Jean-François CURTIS

Criminalité faunique : Des pointes d'ivoire dérobées au tribunal d'Oyem. Photo par Gabonreview.com

 

La criminalité forestière demeure une vive préoccupation pour tous les états et en particulier pour les états africains. En effet, entre le braconnage, les feux de brousse et les trafics illégaux divers dont celui des stupéfiants, les forêts sont le théâtre d'activités illicites majeures affectant tant le couvert forestier, que l'environnement et les populations. Les préoccupations étant communes aux états alors, comment lutter efficacement contre tous ces fléaux qui détruisent lentement mais surement la faune, la flore et les forêts, sans oublier l'impact sur la sécurité des populations avoisinant ces forêts?

Dans bien des pays africains, la préservation des forêts ainsi que leur surveillance ne sont pas une priorité nationale! Cependant, les enjeux planétaires commencent à avoir raison des résistances nationales, notamment grâce aux initiatives multiples (COP, etc.) et aux financements accessibles pour un développement durable du continent. N'oublions pas, que la préservation de notre planète coûte chère et que plusieurs états moins nantis que d'autres, ne peuvent sacrifier leur impératif de développement au profit de l'impératif écologique, d'où la nécessité d'un dialogue international, qui prône la solidarité et un juste équilibre pour faire face à ces défis.

Dans cet environnement de défis permanents, la lutte contre la criminalité faunique et forestière, devient un enjeu colossal et déterminant, pour préserver les forêts qui souvent constituent des sanctuaires de caches-d'armes, de trafics divers, de braconnage, d'orpaillage illicite etc.

Ainsi, Il n'y a pas une mais des solutions complémentaires, qui se retrouvent à deux (02) niveaux:

1/ Le niveau stratégique: il s'agit ici, de l'arsenal conceptuel et législatif qui permettent à un état de disposer d'une vision du chef de l'état, traduite en texte à travers l'énonciation d'une stratégie nationale de lutte contre la criminalité forestière et faunique. La question de l'appropriation de cette lutte par les autorités politiques et plus particulièrement par le sommet de l'état, est essentielle. Aussi, faudrait-il intégrer la mise sur pied d'un arsenal juridique dense pour protéger les forêts, de toutes formes de malveillance ainsi que pour faciliter l'action des autorités chargées de cette protection. Toujours à ce niveau, n'oublions pas la stabilité institutionnelle, gage d'une mise en oeuvre pérenne de toute stratégie de lutte. En effet, trop souvent les instances chargées de la mise en oeuvre de ces stratégies de protection, subissent des remaniements ministériels réguliers qui affectent l'exécution de ces stratégies. Enfin, pour clore ce chapitre stratégique, il apparaît plus que capital que les budgets des départements ministériels chargés des forêts et de la faune, soient revus à la hausse pour répondre à l'ensemble des besoins qu'impose cette lutte contre la criminalité forestière.

2/ Le niveau opérationnel: La mise en oeuvre des stratégies de lutte est garantie par des mécanismes d'exécution fonctionnels et outillés. En effet, la création d'unités spécialisées de lutte contre la criminalité forestière est un préalable, à toute surveillance et protection des forêts. Ces unités, qui devraient être le fer de lance de la préservation des forêts contre tous ces maux, pourraient bénéficier de formations spécifiques de type "unité d'intervention" ou "commando". Ce type de formation, pourrait être dispensée en association avec les unités des forces spéciales pour les pays qui en disposent, ou alors par le biais de la coopération bilatérale. Lesdites unités rigoureusement sélectionnées pourraient être dotées en armement adéquat pour faire face aux braconniers et autres criminels. D'ailleurs la mission de surveillance des forêts devrait être confiée à ces unités spécialisées qui à l'aide de drones équipés de modules dédiés, assureraient cette mission essentielle d'anticipation et de veille. Mieux, lesdites unités devraient également assurer une mission de renseignement pour un maillage efficace du territoire national. Ainsi, serait-il judicieux de compléter la formation de ces unités avec un module dédié à la collecte et à l'analyse du renseignement.

L'atteinte de l'objectif principal de préservation des forêts et de la faune contre tous les maux susmentionnés dépend d'un ensemble de facteurs complémentaires. La lutte contre la criminalité forestière et faunique s'inscrit donc, dans l'agenda global de la sécurité nationale et selon le contexte national, de la réforme du secteur de la sécurité. Il appartient donc aux dirigeants des états africains, de faire de cette lutte une priorité nationale, pour répondre efficacement aux impératifs de protection et de développement des forêts.

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