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Publié par Jean-François CURTIS

A l'heure de la coalition internationale contre le mouvement islamiste (DAECH), l'enjeu majeur réside dans le fait que cette organisation criminelle et intégriste, change la donne en matière de définition de la notion de terrorisme.

En effet, il est urgent que l'on ne parle plus "d'état islamiste" car un état se définit conformément à la convention de Montevideo du 26 décembre 1933 sur les droits et devoirs des états, selon quatre caractéristiques constitutives que sont:

1/ L'existence d'un territoire délimité et déterminé. A ce sujet, DAECH s'étend sur un territoire allant de l'Irak à la Syrie aussi grand que le Royaume Uni. Ce territoire n'est reconnu par personne, mieux il est contesté par l'Irak et la Syrie qui veulent reconquérir leur intégrité territoriale.

2/ L'existence d'une population résidente sur ce territoire. Les populations résidentes sur ce territoire pris en otage en réalité, sont pour certaines sympathisantes et d'autres non. Pour preuve, les exodes massifs de minorités religieuses et de communautés diverses persécutées par le califat proclamé.

3/ L'existence d'une forme minimale de gouvernement. DAECH est une entité théocratique, autoproclamée qui prône un régime basé sur une interprétation rigoureuse de la Charia. Abou Bakr Al-Baghadadi qui s'est proclamé "Calife" en est le dirigeant. Il rejette la démocratie ainsi que la laicité.

4/ La capacité à entrer en relation avec les autres états. Sur ce point, DAECH n'est en relation avec aucun état digne de ce nom. Au contraire, cette entité défie pratiquement tous les états occidentaux et ceux de la région.

Il ressort donc de cette analyse que DAECH n'est ni un état, ni une entité islamique mais une "entité intégriste terroriste"!

Un autre point majeur qu'il faut retenir de cette entité illégitime, est qu'elle a contribué à travers son mode de fonctionnement inédit, à redéfinir la notion de terrorisme qui jusqu'ici était basée sur un mode opératoire asymétrique et qui subitement devient conventionnel.

En effet, DAECH opére de deux manières. D'une part la méthode classique terroriste, insidieuse à travers des opérations basées sur la terreur comme les enlèvements et les attentats. D'autre part, la méthode révolutionnaire qui repose sur des opérations de guerre conventionelle (une armée suréquipée et visible qui s'engage ouvertement).

N'oublions pas que DAECH a un objectif stratégique clairement assumé à savoir instauré un califat dans toute la région et surtout occupé l'Irak et la Syrie. Par l'instauration de ce califat, DAECH "montre ses muscles", veut redéfinir les frontières dans la région et défie les autres groupes terroristes tels que Al-Qaida et Boko Haram.

En outre, le mode opératoire de DAECH pourrait être résumé ainsi: "terroriser pour mieux régner" en lieu et place de "diviser pour mieux régner". La terreur et la persécution sont au coeur de la stratégie de ce mouvement terroriste.

Enfin il nous semble opportun d'esquisser une stratégie de lutte contre ce fléau qui mine la région et qui a des effets néfastes sur la jeunesse du monde entier. En effet, nous proposons que l'Islam en tant que religion prônant la paix, soit introduite dans le cursus des adolescents de pays occidentaux pour sensibiliser les jeunes, potentielles victimes, de ce mouvement quant à l'inadéquation de l'action de DAECH et la pratique de l'Islam. Cela réduirait grandement leur recrutement. Aussi, nous suggérons que toutes les confessions religieuses s'unissent à la communauté musulmane mondiale, pour déclarer "hors-la-loi DAECH". Cette mobilisation des confessions religieuses pourrait prendre la forme d'une "Déclaration Internationale pour dénoncer l'Illégitimité de DAECH". L'isolation totale de ce mouvement est une nécessité cruciale. Finalement, l'instauration d'une stratégie d'usure militaire est nécessaire pour venir à bout de ce groupe fort de quelques 35000 hommes.

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